changer travail

Comment prendre conscience que tu n'es pas sur la bonne voie professionnelle

#changer de voie , #bien dans ses bottes bien dans son job


Comment savoir si tu es sur la
bonne voie professionnelle ?

A tout âge on peut se poser la question du sens : est-on sur la bonne voie ? Me fourvoie-je dans ces études, dans ce job, dans ce domaine, dans ce secteur ou dans cette entreprise ?

Comment savoir quand il est temps de changer ? C'est toi qui détient la réponse.

Le schéma classique : du lycée à l'emploi qu'il faut

  1. A 14 ans on se demande si on va en voie générale ou professionnelle

  2. A 15 ans on se demande si on doit faire S, L, ou ABCDEFG

  3. A 17 ans on fait des choix sur les études que l'on vise

  4. De 18 à 23 ans : on navigue dans son "industrie" : le secteur d'études choisi.

À partir de là, avec le saint graal diplôme, c'est 3/4 ans dans chaque poste en espérant avoir à chaque fois plus de responsabilités, un meilleur salaire, la fameuse "rat race" est lancée.

A un moment donné, on peut se poser la question du sens. 

Suis-je à la bonne place ? À ma place ? Qu'est-ce-que je veux faire de ma vie ?


Ma prise de conscience en plusieurs étapes

S'approcher de son rêve et fuir

J'ai toujours voulu créer mon entreprise, mon projet, réinventer quelque chose. J'avais pourtant fait mon entrée dans la course de rats, avec le dossard fièrement accroché et mes médailles au mur : regardez mes augmentations, mon poste, mes changements de carrière !

Un petit passage dans le monde des startups, pour "voir beaucoup de jeunes entreprises et me former" me dis-je, en attendant. En attendant quoi ? Que je monte la mienne, plus tard, quand je serais bien formée.

Formée ou formatée ? Pas le temps d'y réfléchir. 

Avoir vu une image peu flatteuse du monde des startups m'a donné un sentiment d'oppression. L'entrepreneur devrait donc être un soldat sur le pont à toute heure du jour et de la nuit, uniquement préoccupé par les chiffres de sa croissance, les yeux rivés sur ses concurrents et qui doit faire une croix, pendant plusieurs mois voire plusieurs années sur sa famille, ses amis, un salaire. Sachant que 99% des entreprises ferment boutique.

J'ai pris mes jambes à mon cou et ai fermé le livre de l'entrepreneuriat.


But erroné : recherche d'un bon salaire

J'ai donc pris peur et me suis dirigée vers le salariat.

Bien décidée à "être bien payée et qu'on me foute la paix". Alors je n'ai pas eu la paix (je ne pense pas que ce soit sérieusement envisageable dans le salariat), j'ai en revanche été bien payée. Génial, première fois de ma vie ! Que cela m'a-t-il apporté ?

Le 1er mois : un sentiment d'allégresse, de liberté, de sérénitude.

Le 2ème mois : rien du tout. Retour à l'état d'esprit initial. Et puis grosse leçon de vie : quand tu gagnes plus, tu dépenses plus. Donc à la fin du mois il ne te reste pas forcément plus. C'est une des idées de Robert T. Kiyosaki dans son excellent livre Rich Dad, Poor Dad*.

Tu veux plus d'argent, tu en obtiens, tu oublies la situation initiale (le mois dernier avec moins d'argent).

Est-ce que ça te rend plus heureux ?

  • Oui, si c'est le fruit de ce que tu aimes faire.

  • Non, si c'est la fruit d'un travail qui ne te plaît pas.

Si tu veux changer uniquement le paramètre du salaire sans changer le schéma complet, il se peut que tu ne deviennes pas aussi heureux que tu te l'imagines.

Le sommeil ou le réveil

Le sommeil...

Quand ce type d'interrogation arrive, peut suivre la prise de conscience ou alors le statu quo. 

J'ai assez navigué entre les deux. Un sursaut/je change de travail/je retourne à la résignation.

J'ai souvent été dans des emplois qui ne me correspondaient pas. Dans le dernier, je me convainquais du contraire car le job se passait bien : salaire plus que confortable, "bon" poste, supérieurs contents. Tu peux te dire que je crache dans la soupe et que je ne mesure pas ma chance. 

Mais un jour j'ai eu la sensation de vivre la vie de quelqu'un d'autre. De me réveiller à 7h30, douche, métro, travail à 9h pour discuter de sujets dont je n'avais que faire. J'étais en pilote automatique, cela m'a bien convenu un temps jusqu'à ce que j'écoute cette petite voix intérieure : ça te plaît vraiment tout ça ? Malaise car je connaissais la réponse.
Je détaille ce point dans mon article
3 cas où rester dans sa boîte n'est pas la meilleure solution.

Le réveil

A partir de ce moment-là j'ai commencé à voir les choses différemment : j'étais devenue spectatrice de ma vie.

Je me suis observée plusieurs jours de suite à aller au travail, répondre à des clients, m'investir. La situation était comique tant tout ce que je faisais ne m'intéressait pas. Pourtant je m'impliquais comme si le sujet me passionnait, je me forçais à être l'élève modèle.

Comme si j'étais encore au collège en cours de SVT et que j'apprenais par coeur les cours car il le fallait, alors que mon truc c'était les langues et les maths.

Sans me poser de questions, j'allais tous les jours à mon cours de SVT. Alors qu'en fait à côté il y a le cours de maths. Je pourrais même devenir prof de maths, pourquoi pas ? Mais non, je me complaisais dans ce rôle d'élève parfaite. Comme si mon moi d'il y a plusieurs années s'était endormi et se réveillait enfin. Ce fut première prise de conscience.

Je savais simplement que quelque chose clochait. Je ne m'étais pas trompé de collège, la SVT ne me plaisait pas du tout, et ce collège était ok par rapport à d'autres collèges que j'avais connu précédemment. Je n'étais tout simplement pas faite pour être élève, que ce soit en maths, en espagnol ou en SVT. Mais encore moins en SVT ça c'était sûr !

Tout tournait dans ma tête, je savais donc et j'avais reconnu que je faisais fausse route. Mais comment se décider à enfin partir à la recherche d'autre chose ? Le monde est grand : je pouvais aller à la recherche d'un autre collège, d'une autre matière ou agrandir mon champ de vision et me rendre compte que le collège n'est pas la seule et unique option.

Qu'il existe un spectre infini de solutions. Que je pouvais créer mon collège aussi.

Première réaction : oh non surtout pas, j'ai horreur du monde des collèges ! Et puis un jour j'ai compris que je ne devais pas forcément créer un collège comme ceux que j'avais connu. Je pouvais devenir une prof de ce que je voulais en étant libre. En créant ma manière de transmettre.

L'action

Comment est arrivé cette deuxième prise de conscience, celle qui m'a fait prendre la décision de partir du cours de SVT ?

Parce qu'entre savoir que l'on n'est pas à sa place et décider de laisser son bureau d'écolier vide, il y se passe parfois du temps.

J'étais triste à cette époque de ne pas réussir à prendre la décision de partir.

Je savais que je devais le faire, mais quand ? Plus tard ? oui, plus tard. Pour faire quoi ? Je ne sais pas.

Et puis un soir, je rentre tel un robot à la maison et à la simple question de mon copain "alors, tu as passé une bonne journée ?" Je m'effondre. Commence alors un monologue :" une mascarade. La vie de quelqu'un d'autre. Je me voile la face. Pas ce à quoi j'aspire. Il faut que je parte du cours de SVT. Du collège. Vite. "

Quelques jours plus tard, j'annonçais à ma prof de SVT que je quittais l'école. J'allais enfin être libre sans aucun plan après.

Parce que oui, j'aurais pu attendre de trouver un autre collège avant de partir de celui-ci. Mais pourquoi faire ? Pour repousser le problème ? Pour adhérer à nouveau au même schéma qui ne me convenait pas ?

Je sentais qu'il me fallait du vide pour avancer. Ne rien "devoir" faire en me levant le matin pour que je me retrouve en face de moi-même et en face de mes propres choix.
Tu peux retrouver mon histoire dans l'article sur
mes changements professionnels.


Tu es ton curseur

On a tous des capteurs. Comment sait-on que l'on est dans la bonne direction ou pas ?

Où est le curseur entre ce qui doit arriver simplement à nous et ce que l'on doit aller chercher ?

Est-ce que quand on surmonte des obstacles, on fait fausse route car on fait trop d'efforts et tout devrait être fluide ?

Est-ce qu'au contraire il faut se battre pour obtenir ce que l'on veut ?

Je dirai que c'est à toi de le sentir. Quand tu sens que la persévérance se transforme en obstination.

Quand cela te fait du bien, ou pas.

Au fond de toi, tu sais quand tu te voiles la face ou quand tu es sur la bonne voie, à savoir : la tienne. Si déjà tu te poses cette question c'est qu'il faut creuser. Quand on aime quelqu'un on ne se pose pas la question de l'amour, on le sait. C'est pareil pour sa voie.


Pourquoi il est possible et préférable d'avoir plusieurs carrières

Si tu changes de voie professionnelle tu auras quelque chose en plus par rapport aux autres qui sont toujours restés dans la même spécialité. Ton oeil frais, ton angle de vue différent, ton ouverture d'esprit d'avoir bifurqué une ou plusieurs fois.

Tu auras ton bagage qui t'aidera toujours, les années de travail et les expériences professionnelles ne sont jamais perdues.

Dans Rich Dad, Poor Dad* (décidément!), l'auteur explique que quand on forme un futur dirigeant d'entreprise, on ne le forme pas pour qu'il devienne un spécialiste, bien au contraire. On lui fait faire quelques mois à tel service, quelques années à tel autre. Le but est qu'il connaisse un peu de tout de l'entreprise et non pas excellemment bien un domaine.

On a tendance à croire qu'il vaut mieux être spécialiste dans notre Société, mais pourquoi ? Ne faudrait-il pas au contraire que nous rabattions les cartes de temps à autres ?

On secoue les dés, on les jette, nouveau jeu. On apprendrait plus, on aurait moins peur de perdre la partie ? On se rendrait compte de ce à quoi nous sommes bons et de ce à quoi nous sommes moins bons. Ce que nous aimons, ce qui n'est pas pour nous. Nous pourrions réinventer des domaines, apporter notre regard neuf, nous découvrir des passions.

Si tu restes dans la même entreprise, à moins qu'elle veuille te former pour la diriger, il sera peu probable qu'elle te laisse cette marge de manoeuvre.

Cependant ce schéma de vie est tout à fait possible. De plus en plus de nos jours : qui a peur d'un cv atypique ? Pas grand monde, au contraire, c'est souvent vu comme de l'ouverture d'esprit et de l'adaptabilité.

Et si tu changes de carrières, encore et encore : ce n'est pas grave. Il n'y a que la mort qui soit grave. Le pire est de rester dans l'inaction. Tant qu'il y a du mouvement tu es en vie.
Si le sujet t'intéresse tu peux lire l'article sur
la peur de l'échec professionnel.


Et toi, as-tu déjà eu le sentiment de ne pas être sur ta voie ? As-tu déjà changé de carrière plusieurs fois ? Dis-le moi en commentaires !

Si le livre Rich Dad, Poor Dad t'intéresse, voici le blog de l'auteur : http://www.richdad.com/