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8 signes que tu fais un burn-out et comment en sortir

#changer de voie , #communication en entreprise , #bien dans ses bottes bien dans son job

On a entendu parler du burn out sur les modes :   

  • impératif : "gare au burn-out!"

  • indicatif : "j'ai eu un burn-out"

  • conditionnel : "si j'avais continué comme cela j'aurais eu un burn-out !" 

  • subjonctif : "il faudrait que j'aie un burn out pour qu'ils se rendent compte de mon implication ?"

Dans tous les modes, je ne sais pas ce que tu en penses mais ça ne donne pas très envie.

C'est un peu le mal du siècle, beaucoup de personnes passent par là du fait du non-sens de beaucoup de travails.
Tu fais le
hamster dans sa cage, tu cours de plus en plus vite et un jour tu disjonctes et la roue tourne sans toi.

Je vais te raconter comment le burn out s'est manifesté dans mon cas et te faire part des signaux devant déclencher ta vigilance.

Il y a beaucoup de manières de vivre un burn-out (ou surmenage, c'est pareil).

Je te partage ici des exemples concrets de ce qui peut arriver. Si tu vis plusieurs de ces situations je te recommanderai de lever le pied !


Différents signes que tu fais un burn-out


1) Tu ne réponds pas au téléphone quand tes amis t'appellent / isolement social

Tu as énormément de retard dans tes messages/mails/appels personnels. Rien que le fait de penser à envoyer un message te fatigue.

Tu te souviens du personnage de Jim Carrey au début de "Yes Man"?

C'est le personnage pas très vivant qui ne répond même pas quand son ami l'appelle. Ca le saoûle à l'avance. Quand tu as un burn-out, ça t'épuise à l'avance, tu n'as même pas la force de répondre aux appels, tout comme à tes SMS depuis 2 semaines.

Peu à peu tu disparais de la scène sociale et tu as la flemme de tout : voir tes amis, leur expliquer ce qu'il se passe, surtout s'ils ne vivent pas la même situation donc difficile pour eux de comprendre ce que tu vis. Et ça t'épuise encore plus de devoir expliquer ce qui te met dans cet état.


2) Tout t'épuise

Cause du 1er point : tu es épuisé et tout t'épuise par anticipation.

Je me souviens être partie en weekend avec ma copine Maëlle voir une troisième copine, Yasmina, qui à l'époque habitait à Lisbonne.

Après avoir travaillée comme une brute la semaine passée (et les derniers semaines et mois) j'avais enfin posé un premier jour de congé après 7 mois sans interruption (hourra). Et niveau horaires ce n'était pas vraiment le club med car je faisais plus du 8h30 - 21h qu'autre chose, quand je n'allais pas aux évènements auxquelles il fallait être vue auquel cas je rentrais peu avant minuit.

Bref, jeudi soir, évènement de la boîte dans laquelle j'étais, pot avec l'équipe après la soirée officielle, je rentre à 2h du matin pour me lever une heure plus tard et prendre mon avion pour Lisbonne. Déjà que j'avais du mal à décrocher, je rencontrai ce jour-là les cheveux en l'air, des potentiels clients à l'aéroport.

Je retrouve Maëlle à 5h et quelques à Orly et notre weekend entre copines commença enfin. Super weekend, soleil, bref Lisbonne avec des amies, que demander de plus.

Vendredi soir, début de soirée au mercado da Ribeira. Pour ceux qui ne connaissent pas c'est une grande halle avec des stands de restaurants tout autour : chaque personne commande au stand qui le tente et on s'assoit tous ensemble à une table au centre de la halle. 
Ce vendredi soir, bien qu'ayant dormi une partie de la journée, je m'effondre. Impossible de manger, nausées, je manque de tomber. Je laisse mes amies et pars me coucher avec un sushi à la sardine dans le ventre (alors qu'il y en avait 2, exceptionnels ces niguiris).

Le lendemain ça va un peu mieux, je me remets de mes émotions. Je suis bien entendu encore épuisée, mais le programme s'y prête bien puisque nous nous baladons et faisons des pauses pour prendre des cafés et manger des pasteis de nata.

Lors d'une pause café ma copine Maëlle a fait ce que j'appellerais une intervention. Maëlle m'a dit "Pauline, ce n'est pas normal d'être aussi épuisée. J'ai un enfant, une vie de couple, un job avec des responsabilités et je ne suis pas aussi épuisée. Je tire la sonnette d'alarme pour toi : si j'étais dans ton cas j'aimerais qu'on me le dise".

Ouah. Tout ces mots les uns à la suite des autres, dit par cette amie si bienveillante me paraissent vrais et pourtant : j'ai l'impression que je le savais déjà et que je me mentais à moi-même.

Le dimanche soir, en reprenant mon avion (Maëlle était repartie avec un avion une heure plus tôt), je sens les larmes monter à l'idée de retourner travailler le lendemain. Situation peu habituelle pour moi, pourtant je ne m'alerte pas plus que ça.


3) Tu compenses et te rattrape sur la nourriture, les dépenses, les sorties (alcool)

Cap sur les excès !

Qui ne se venge pas sur la nourriture en cas de coup de mou ?

Là, c'est pareil sauf que le coup de mou dure beaucoup trop, et qu'en plus de manger tout ce qui traîne tu bois peut-être trop dès que l'occasion se présente.

Oh et puis tu décompresses en achetant des choses inutiles, tu le mérites bien avec tout ce que tu travailles non ?

Je n'ai jamais passé autant de temps au bar que lorsque j'étais en surmenage. Pareil pour les boutiques : le cimetière des achats inutiles avait connu son apogée.

La nourriture ? J'ai pris 6 kilos en quelques mois sans m'en rendre compte.


4) Tu sors beaucoup avec tes collègues pour te plaindre et parler de ce qui ne va pas dans le travail

Alors oui, il se peut qu'en situation de burn out tu sois soumis à une pression très forte et que tu ne sois pas le seul à vivre cela mal.

Cela ne veut pas dire que tout le monde fera un burn-out, chacun réagit différemment ! Le fait de faire face à une telle pression peut créer une belle entraide entre collègues, ce qui est très important et peut t'aider à surmonter cette épreuve. Ca te fait du bien d'en parler avec des personnes qui pensent comme toi, cela devient même une nécessité pour te rassurer : je ne suis pas devenu fou cette situation est bien anormale ?


5) Le dimanche soir c'est la fin du monde

Ce symptôme pris tout seul n'est pas forcément révélateur de burn-out. Mais mis bout à bout cela n'est pas à négliger. Je ne parle pas ici d'un petit coup de blues du dimanche car le weekend était sympa. Je parle d'un sentiment de désespoir immense à l'idée de retourner à la mine le lendemain, comme dans mon avion de retour suite au weekend lisboète.


6) Bonjour tristesse

Tu es triste. En permanence. Tu te sens découragé, angoissé et tu as le sentiment d'être englouti par tout ce que tu as à faire et de ne pas être capable avancer.

En fait, je me suis rendue compte que j'étais victime de surmenage quand c'était trop tard : le piège s'était refermé sur moi. Quand le weekend je ne sortais plus de chez moi, même si il y avait du soleil le dimanche et que ma mère organisait un barbecue pour mon cousin du sud qui était de passage à Paris. "Merci mais là je ne peux pas". Encore une fois, situation très inhabituelle me concernant, mais je ne m'alerte toujours pas plus que ça.

Par ailleurs, je posais à cette époque mes jours de congés au rythme d'un par semaine, pour ne pas avoir à faire des semaines de 5 jours : c'était trop à surmonter.

Autre intervention de l'un de mes amis qui m'a permis d'ouvrir cette fois-ci les yeux bien grands : mon ami Rafael, de nature très joyeuse passe chez moi après une répétition de danse (Rafael est le parfait exemple du slasheur : chorégraphe, danseur, community manager, blogueur, et sûrement possède-t-il d'autres casquettes que j'ignore !). On était en semaine, j'avais posé un jour de congés pour survivre à la semaine de 5 jours, cela fait longtemps que je n'ai pas vu Rafael. Rafael a compris que quelque chose n'allait pas, il s'est assis et m'a écoutée. Chaque phrase que je lui disais était comprise et entendue, je le sentais. Rafael m'a dit "Pauline cette situation est horrible et anormale. Tu dois prendre le temps de te reconstruire".

C'est ce jour-là que j'ai enfin ouvert les yeux et commencé à aller de l'avant.


7) Troubles du sommeil

Tu peux aussi ne pas réussir à dormir : être toujours en mode ON. Comme si ton corps était toujours sous tension et ne se reposait jamais. Dans ce cas-là, je ne peux que te recommander la méditation et le sport. Je sais que tu penses ne pas en avoir le temps ou le courage, tu peux commencer par 5 minutes de méditation par jour et un peu de marche.


8) Piètre image de soi

Tu peux avoir une mauvaise image de toi : te mettre à douter de toi, commencer à faire des erreurs et c'est le cercle vicieux.

Dans mon cas j'ai largement eu ce symptôme : tout était de ma faute, je faisais de mon mieux, mon employeur n'était pas satisfait de mon travail, je me disais que cela venait de moi, que c'était peut-être vrai, que je n'étais pas assez rigoureuse ou intelligente.

Si un jour tu te mets à avoir ce genre de pensées c'est l'alerte rouge ultime. Arrête tout de suite. Tu n'es juste pas au bon endroit. Prends du recul, arrête ce job, recommence tout.

Je dis cela alors que je n'ai pas réussi à remarquer dans quel état j'étais et ensuite à réagir assez vite, je sais que c'est difficile. Si tu as la force d'ouvrir les yeux rapidement cela sera d'autant plus facile de rectifier le tir rapidement.


Pourquoi fait-on un burn-out ?

Mais pourquoi en arriver là ?

Que s'est-il passé entre ton premier jour de travail et cet état de stress/épuisement/mal-être ?

Et surtout : comment s'en sortir ?

Tout d'abord, je pense qu'il est question de limites. Si le surmenage nous dit bonjour, c'est qu'à un moment donné, on s'est oublié et que l'on n'a pas fixé de limites. Pour ma part, j'ai accepté l'inacceptable dans le cadre professionnel, je me suis laissée faire et j'ai douté de moi. Beaucoup.
Je ne dis pas que ce n'est pas bien de
se remettre en question, je dis juste que cela ne doit pas être le cas en permanence. Surtout, se remettre en question doit porter sur des actions (faire) et non sur toi (être). Si tu te remets en cause en tant que personne, ce que je faisais constamment (je ris peut-être trop/je fais trop les choses à ma façon/je ne colle pas avec les codes de l'entreprise) au lieu de me concentrer sur les actions que je faisais (j'ai de supers résultats en ce qui concerne X/lorsque je fais Y je m'en sors mais je pourrais peut-être faire autrement). 

Le message que je souhaite faire passer ici est : il n'y a pas de honte, ce n'est pas grave.

Cela arrive à tout le monde. Et même si tu penses que c'est faux : ce n'est pas grave si tu es l'unique personne à qui cela arrive.

Pour te montrer que quand même tu n'es pas tout seul, j'écoutais l'autre jour le podcast de Nouvelle école avec Morgane Sezalory, la fondatrice de Sézane (marque parisienne de prêt-à-porter en ligne qui cartonne).
Elle qui est entrepreneuse, elle qui a donc a créé son job, s'est également retrouvée
piégée. Quand elle s'en est rendue compte : trop tard. Même elle, qui est la fondatrice et toujours CEO, s'impose une détox avec un rythme de travail plus light. Je dis ça comme ça, mais ça détend.

Si tu veux en savoir plus sur le burn-out lui-même, j'en parle dans l'article les 4 phases du burn-out. 

Si je pouvais donner quelques conseils sur comment s'en sortir ce serait les suivants : 

  1. Ecoute tes amis quand ils agitent le drapeau de l'intervention

  2. Garde une activité à côté de ton travail(je détaille ce point dans l'article Pourquoi avoir une activité extra-professionnelle est essentiel ?)

  3. Fais un peu de place pour tes amis et ta famille

  4. Impose toi des horaires fixes de travail, au moins quelques jours par semaine

  5. Fais toi plaisir plusieurs fois par jour : écoute tes caprices.
    Je me souviens que j'avais besoin de 3 choses qui me faisaient plaisir pour affronter la journée : une le matin, une le midi, une le soir. Cela pouvait être un cafe latte avant le travail, un déjeuner avec un bon livre le midi, un verre le soir avec un ami le soir.


Tu as d'autres astuces dans l'articles de Psychologies sur prévenir l'épuisement professionnel.


Et toi, as-tu déjà fait un burn-out ? Comment cela s'est-il manifesté et comment as-tu fait pour le surmonter ? Dis-le moi en commentaires.