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Pourquoi le voyage est au moins aussi important que la finalité professionnelle

#bien dans ses bottes bien dans son job

Savoir ce que l'on veut faire. Faire quelque chose qui nous rende heureux.

On s'intéresse souvent à là où on veut aller, à l'objectif et moins au chemin. Il est vrai que sil' on connaît son but, le moyen de l'atteindre arrive de lui-même, de manière plus ou moins écornée. 

Cependant : savoir où l'on veut aller implique également d'être heureux en faisant les actions pour y aller.


Quel métier veux-tu faire plus tard ?

Qui n'a pas entendu cette petite phrase en étant enfant ?

Pour ma part c'était boulangère, pour manger des pâtisseries. Quand j'ai su qu'au quotidien il fallait se lever aux aurores pour pétrir le pain, j'ai dit que finalement ce n'était pas pour moi. Je n'aimais que la finalité, pas tout le travail qu'il fallait pour y arriver.

J'imagine que c'est la même histoire pour les aspirants cosmonautes, pompiers ou vétérinaires. Est-on avide de baigner dans ces milieux respectifs ou sommes-nous séduits par l'image que cela renvoie ?


Ce que fait l'enfant naturellement

J'ai souvent l'impression que nos passions sont liées à ce que l'on faisait naturellement quand on était enfant, avant de rentrer dans le droit chemin de l'éducation.

Je pense notamment à :

  • Un ami entrepreneur qui quand il était petit jouait à créer avec ses Légo;

  • Un ami architecte qui jouait aux Sims sans relâche ;

  • Mon cousin qui connaissait par coeur le nom des plantes que nous croisions et qui a été plus tard paysagiste.

Quand j'étais enfant mes centres d'intérêt étaient principalement les livres, les voyages et le fait de jouer à la marchande. Je voulais travailler dans une maison d'édition (pour lire des livres et être payée pour ça) ou travailler dans ce que j'appelais "le commerce international".
Lorsque je suis devenue commerciale je me sentais comme un poisson dans l'eau. Le contenu de ce que je vendais était une autre histoire, mais le fait de
vendre était une évidence et me faisait du bien.

Quand j'étais jeune adulte et que je cherchais des jobs d'été j'étais la majeure partie du temps vendeuse pour le prêt-à-porter. Je me souviens que je me levais le sourire aux lèvres car je me disais que c'était un vrai hold-up : être payée pour rencontrer des gens sympas, leur rendre un service et passer un bon moment avec eux.

Tout le monde y gagnait. Je ne mesurais pas à l'époque le privilège et l'importance de se lever enthousiaste pour aller travailler.


Avant le succès professionnel : le quotidien

Réussir sa vie et le prestige professionnel

"Monsieur, quel lycée il faut choisir pour avoir un bon métier plus tard ?".

Un camarade de classe s'inquiétait en troisième du choix de lycée à faire après le collège.
Notre professeur de français a eu une excellente réaction, à une époque où l'on parlait beaucoup moins de quête de 
sens (il y a plus de 15 ans): 

"Tu sais ce que ça veut dire avoir un bon métier ou réussir sa vie ? C'est se lever le matin en étant content d'aller au travail."

Cela peut sembler "évident" ou le fruit d'un monde trop utopique selon le public, je trouve pour ma part cela très juste et assez profond.

Réussir son quotidien

La vraie question que l'on pourrait se poser est : qu'est-ce-que je veux faire en me levant le matin ?

  • Si je rêve d'être entrepreneur :

             -est-ce-que je rêve seulement du moment où l'entreprise fonctionne bien voire du
    rachat de l'entreprise

            -ou suis-je excité à l'idée du quotidien de l'entrepreneur ?




  • Si je rêve d'être écrivain :

            -rêve-je d'écrire un
    best-seller et de faire la promotion du livre sur les radios et les plateaux de télé

            -ou suis-je enjoué à l'idée de plancher sur un
    manuscrit, à l'idée d'écrire tout simplement ?



  • Si je rêve d'être un athlète :

            -rêve-je de médaille d'or aux jeux olympiques

            -ou d'efforts physiques journaliers, de régime alimentaire strict et de se lever aux aurores ?



  • Si je rêve d'être un chercheur :

            -rêve-je d'un prix Nobel

            -ou également de multiples recherches pouvant ne pas aboutir, le fait de chercher étant prépondérant pour moi ?


Je ne dis pas qu'il n'est pas sain de rêver du succès, bien au contraire !

Apprécier ses tâches de tous les jours

Je pense juste que de rêver uniquement de cet aspect nous empêche d'être honnête avec nous-même.

Le principal ne serait-il pas d'aimer son quotidien et d'être en phase avec ce dernier, en plus d'avoir l'élan sur le long terme pour arriver peut-être un jour au succès ?

On peut rêver de devenir acteur et d'un jour gagner un oscar, cependant j'imagine que l'on pourrait également se poser deux autres questions sous-jacentes : 

  • Suis-je épanoui quand je répète tous les jours pour mes rôles ?

  • Si demain je n'ai pas le succès escompté, continuerais-je dans cette voie ?

De manière plus générale pour n'importe quel métier : 

  • Suis-je heureux quand je mets les mains dans le cambouis ?

  • Et si je ne parviens pas à la réussite professionnelle désirée voire si toutefois j'échoue, est-ce que je suis content d'avoir fait tous ces efforts-là ?

Être enjoué de mettre la main à la pâte, peu importe la pâte, me semble être un indicateur assez vrai de nos aspirations professionnelles.

Mon décalage

Je me rappelle quand je travaillais en levée de fonds pour les startups je trouvais l'univers sexy, j'appréciais l'image que cela renvoyait, les rencontres que j'y faisais, mais je n'appréciais pas le quotidien de mon poste.
J'avais en tête les stars du secteur, était impressionnée par leur passion mais était en décalage car je ne partageais pas cette flamme intérieure de l'investissement.

En tant que commerciale en marketing digital, c'était l'inverse : j'appréciais la vente au quotidien, les échanges que j'avais avec les prospects mais je n'étais en revanche pas à l'aise avec l'univers dans lequel j'opérais.
Si tu veux en savoir plus sur mon parcours je t'invite à lire mon article sur
mon histoire ou mes reconversions professionnelles.

Le voyage en général

On peut faire une analogie, dans une moindre mesure, avec d'autres champs d'action que celui de la carrière, je pense notamment à : 

  • Faire un travail sur soi : si le but est d'aller mieux, cependant pourquoi ne pas profiter de ce voyage avec soi-même ?

  • Apprendre une langue : si l'ambition est de s'exprimer parfaitement dans une langue étrangère, pourquoi ne pas savourer les cours qui nous y emmènent ?

  • Chercher un job : si trouver le job de nos rêves est la finalité, pourquoi ne pas observer avec amusement les recherches, les rencontres, les échanges qui nous y mènent ? (Ce que l'on fait souvent a posteriori quand il n'y a plus d'enjeu)

En somme, apprécier le périple revient au fait d'être présent et à l'aise avec ce qui se passe ici et maintenant et non être satisfait uniquement grâce à la pensée d'un futur meilleur.


Et toi, es-tu autant stimulé par ton projet que par les efforts que tu fais tous les jours pour y arriver ? Dis-le moi en commentaires !